dimanche 3 mars 2013
Le lumpenproletariat ou l'armée du capitalisme
Créé par Karl Marx et Friedrich Engels, le terme allemand "Lumpenproletariat", composé de "Lumpen" = loque, chiffon, haillon et "Proletariat", se traduit le plus souvent en français par "Sous-prolétariat" et désigne les masses urbaines marginales, vivant de manière parasitaire et fondamentalement incapables d’accéder jamais à une conscience révolutionnaire.
Mais attention, il ne s'agit pas d'amalgamer lumpenproletariat et pauvres. Selon Marx, le paupérisme vient de la surpopulation relative ; Marx parle de surpopulation relative pour indiquer qu’il n’y a surpopulation que par rapport aux besoins toujours variables de l’exploitation capitaliste. Les surnuméraires forment l’armée de réserve du travail. Ce sont aussi bien des chômeurs par accident que la réserve de main-d’œuvre des campagnes, à domicile, ou, plus misérables encore, les exclus du processus de travail en raison de leur âge, de leurs infirmités ou de la désuétude de leur qualification. Tous sont susceptibles, en certaines conjonctures, de reprendre du service actif. Exclus, victimes du système étant passés "par la dure mais fortifiante école du travail" ou disposés à passer par elle, ils sont, à tous ces titres, potentiellement révolutionnaires. Le lumpenproletariat, à l’opposé, n’est jamais passé par cette "dure mais fortifiante école" ; c’est pourquoi il est a-révolutionnaire. Formé de "gens sans aveu ni feu", il est vénal et prêt à se mettre au service de la bourgeoisie.
Voici enfin deux citations représentatives de la vision qu'avaient Marx et Engels du lumpenproletariat :
"Quant au lumpenprolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction." Le manifeste du parti communiste
"Le lumpenproletariat - cette lie d'individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes - est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l'inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu'ils en fusillèrent même certains, ce n'était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu'il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, démontre par là qu'il n'est qu'un traître." La sociale démocratie allemande
2 - La question "raciale"
Avant de voir quels sont les liens entre le lumpenproletariat et les élites capitalistes, il est important de faire un point sur un aspect qui est inévitable en France lorsque l'on parle du sous-prolétariat : le racisme. Tout d'abord, il convient de rappeler qu'un français, qu'il soit ou non d'origine étrangère, est avant tout un français. Cela étant dit, dans les débats médiatiques comme dans les conversations entre citoyens lambdas, il n'est pas rare que se voient distingués les français dits de souche des français d'origine étrangère, ou issus de l'immigration. Pour ma part, cette distinction n'a pas lieu d'être car un français est un français et un sous-prolétaire est un sous-prolétaire ; qu'il soit blanc, noir, jaune ou vert, il se définit par sa position au sein de la société et non par sa couleur. Toutefois il est très important d'aborder cette question car nous allons voir comment les oligarques créent du racisme sous couvert d'anti-racisme afin de protéger leur armée sous-prolétaire.
Voici un exemple de cause de polémique : "Selon une étude menée en Isère, deux tiers des mineurs délinquants sont d'origine étrangère" Le Monde, 16 Avril 2004. Pourquoi préciser cela, il ne s'agit SURTOUT PAS pour moi de vouloir démontrer une propension plus grande qu'auraient les étrangers, et donc les français d'origine étrangère, à la délinquance. Seulement voila, si quelqu'un voulait dénoncer certains de ces actes de délinquance, il citerait statistiquement une majorité de cas dans lesquels l'agresseur portera un prénom ou un nom à consonance étrangère. Et c'est là que l'antiraciste de mauvaise foi, qui est en fait un défenseur de l'oligarchie, dira : "Mais pourquoi vous ne citez que des noms à consonance étrangère ? Vous êtes un raciste ?". Et le procès en sorcellerie pourra commencer, et la lutte légitime contre la délinquance sera oubliée au profit d'une lutte contre un racisme fantasmé et immiscé par notre auto proclamé anti-raciste.
Ainsi, OUI je pense que les français d'origine étrangère sont sur-représentés parmi le lumpenproletariat. Et NON je n'en tire aucune conclusion raciste. Aucune culture, aucune couleur de peau, aucun gène, ne prédispose selon moi à devenir un voleur, un dealeur, un violeur ou un casseur. En revanche, cette sur-représentation génère ce que j'appelle une solidarité raciale, qui est une forme de tribalisme et par là même un véritable racisme. Je vais tâcher d'expliquer cela avec des mots simples. Comme on voit beaucoup de noirs et d'arabes dans les faits-divers sordides, et comme des gens comme Marine Le Pen associent en permanence la délinquance et l'immigration ; dés que l'on veut s'attaquer à la délinquance, le français noir ou arabe qui n'a rien d'un sous-prolétaire se sent visé également. Alors qu'il ne l'est absolument pas et qu'il devrait lui aussi dénoncer les délinquants. Ainsi, et parce qu'on lui martèle que parler de sécurité c'est réservé à la droite et aux racistes, le français honnête et travailleur, si il est noir ou arabe, aura tendance à s'attaquer, par solidarité raciale, à ceux qui dénoncent la délinquance plutôt qu'aux délinquants, protégeant ainsi ces derniers.
Cette question raciale est donc en France particulièrement importante car c'est par ce levier que l'élite bourgeoise à la fois utilise et protège le lumpenproletariat.
3 - Lumpenproletariat et oligarques
Remarquons tout d'abord que lumpenproletariat et oligarques ont des points communs : vénalité, malhonnêteté, goût pour l'argent facile, mépris pour ceux à qui ils le volent etc. Ainsi, Marx écrivait :
"L'aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n'est pas autre chose que la résurrection du lumpenprolétariat dans les sommets de la société bourgeoise." Les luttes de classes en France
Mais pourquoi ai-je titré cette article "Le lumpenproletariat ou l'armée du capitalisme" ? Autrement dit, pourquoi l'oligarchie favorise-t-elle autant l'émergence du lumpenproletariat tout en assurant avec soin sa protection ? Selon moi il s'agit d'une part de clientélisme et d'autre part du bon vieil adage : "Diviser pour mieux régner". En effet, un sous-prolétaire choyé est un bon client tant aux niveaux politique qu'économique. Clientélisme politique car un sous-prolo sera plus enclin à voter pour un parti proposant une justice plus souple et évitant de parler de sécurité de peur de stigmatiser les français d'origine étrangère. Clientélisme économique également car les sous-prolétaires sont de parfaits consommateurs avides de grandes marques et totalement à la merci des publicitaires. Mais le second point me semble plus important : la division de la société française. Opposer le prolétariat au sous-prolétariat, les racistes aux anti-racistes, les français de souche aux français d'origine-étrangère (et nous voyons là pourquoi l'oligarchie veut absolument racialiser ces questions sociales) est absolument bénéfique à ceux qui dirigent réellement. Ainsi, pendant que l'ouvrier est occupé à se racheter la voiture qu'on lui a brûlé la nuit précédente, et qu'il est également occupé à s'engueuler avec son collègue arabe qui le traite de raciste parce qu'il a dit que ce sont des arabes qui avaient brûlé sa voiture... ces 2 collègues ne pensent pas à s'attaquer à celui qui vend les voitures tout en incitant les sous-prolos à les brûler.
Le lumpenproletariat est donc une véritable armée, une armée civile, une armée intérieure, dont la violence sert les intérêts des puissants. L'image est à la fois banale et simple : On brûle les voitures de son quartier, pas celles des quartiers riches.
dimanche 24 juillet 2011
Terreur à Oslo : Qui est derrière ?
Le rassemblement des jeunes sur l’île d’Utoya était anti-Israël
Le terroriste déclarera dans son ouvrage :
Laissez-nous lutter ensemble avec Israël, avec nos frères sionistes contre tous les antisionistes, contre tous les marxistes culturels / multiculturalistes.
Anders Behring Breivik, Oslo kamikaze
2083 une Déclaration européenne de l’Indépendance
La presse est unanime sur la culpabilité d’un homme, seul, responsable des terribles attentats d’Oslo, décrit comme :” un “grand blond, norvégien de souche.”
Eskil Pedersen, chef de la Jeunesse Travailliste locale, qui, interviewé à la télévision aujourd’hui pour raconter ce terrible attentat, a trouvé le moyen de parler d’Israël : “les membres de mon organisation veulent un embargo unilatéral économique d’Israël du côté norvégien. Les jeunes travaillistes sont très engagés sur la politique du Proche-Orient. Nous devons reconnaître la Palestine. (…) Le ministre des Affaires Étrangères a admis que la situation est intenable, mais, cependant, estime que le boycott est un mauvais outil … »
Et le ministre des Affaires étrangères de déclarer, lors de ces rencontres :« Les Palestiniens doivent avoir leur propre Etat, l’occupation doit cesser, le mur doit être démoli et cela doit se passer maintenant”.
Il est tristement ironique de penser que la Norvège qui déclare, par voix officielle, “être une société ouverte et sans barrières” soit victime de la plus grande tuerie qui ait eu lieu dans ce pays depuis la seconde guerre mondiale, (on déplore plus de 100 morts) alors qu’Israël n’a jamais été aussi bien sécurisé face aux tentatives d’attentats que depuis la construction de la barrière de sécurité empêchant ainsi, les infiltrations de terroristes.Bien que nous déplorons évidemment cet attentat (peu importe celui qui l’a commis), nous espérons que la Norvège comprenne ainsi la nécessité de ces barrières créées pour sauver des vies humaines qui ne disparaitront que lorsque la menace des attentats aura cessé.
Et ce ne sont pas ceux qui luttaient contre les invasions viking qui auraient pu dire le contraire !mercredi 20 octobre 2010
Un parti de gauche
Il était une fois, au grand orient de France, une loge qui commença ainsi :
Le grand maitre dit : "Mes frères, une place est vacante sur l'échiquier politique, les gens n'ont plus confiance en ce qu'ils appellent l'UMPS. De plus, l'extrême droite leur fait peur, et nous avons bien oeuvré pour cela, et l'extrême gauche est mal représentée. En effet, Olivier de Besançon fait peur aux uns par son coté révolutionnaire et fait sourire les autres par son internationalisme et son "droit de l'hommisme". Ainsi, il manque quelqu'un pour représenter une extrême gauche à la fois ferme et progressiste. Et bien sûr, il serait préférable que ce quelqu'un soit un gars de chez nous."
Puis, se tournant vers Jean-Luc Roblochon, le grand maitre poursuivit : "Jean-Luc, vous avez souvent défendu ici votre ferveur pour plus de justice et d'égalité sociales. Vous avez également été, à plusieurs reprises, en désaccord avec le parti socialiste auquel vous appartenez. Pourquoi ne quitteriez vous pas le PS pour former votre propre parti, un parti vraiment conforme à vos convictions ?"
Jean-Luc espérait depuis longtemps une telle proposition, alors il répondit : "J'y ai bien songé figurez vous, mais la création d'un parti demande des investissement importants et surtout un appui médiatique que j'aurais le plus grand mal à obtenir car mes idées défient largement le pouvoir en place."
Le grand maitre, satisfait de cette réponse, dit alors : "Et bien Jean-Luc, vous pourrez compter sur l'aide de vos frères. Trouver les fonds nécessaires ne posera aucun problème, quant à l'appui médiatique, vous n'êtes pas sans savoir que cette loge compte parmi ses membres les personnages les plus influents du paysage audio-visuel français. Ces frères feront en sorte que votre voix soit entendue du plus grand nombre."
Le grand maitre jeta un oeil sur David Pujadiste qui d'un hochement de tête aquiesça. Puis il poursuivit :
"Et que pensez vous de l'Union Européenne Jean-luc ?
-Comme vous le savez, j'ai appelé à voter contre la constitution lors du référendum de 2005, et j'ai été entendu. Mais pourtant, son fac-similé, le traité de Lisbonne, est tout de même passé en force. Je pense que cette Europe est antidémocratique et construite autour d'un modèle libéral qui va à l'encontre de mes convictions.
-Entendu, mais comme vous venez de le dire, il s'agit de CETTE Europe. Peut être pourriez vous proposer une autre Europe. Car il va de soi que la sortie de l'Union Européenne isolerait notre économie et entrainerait notre pays à la ruine, ne pensez vous pas ?
-En effet, je suis pour une autre Europe."
Puis la tenue se poursuivit doucement jusqu'à son terme, voila un problème qui était réglé.
jeudi 14 octobre 2010
Le syndrome du larbin
Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.
II) Analyse des symptômes
L’amour démesuré qu’affiche le larbin à l’égard des patrons, des rentiers ou des milliardaires, est l’acte de foi qui structure son discours. Le larbin agit sans discernement de ce qui pourrait être bon pour lui, il intellectualise le débat pour tenter de nous convaincre que piocher chez les riches est toujours la pire des solutions, quand bien même il en serait bénéficiaire. Les arguments économiques qu’il invoque inlassablement n’ont pas servi à forger sa conviction, le syndrome du larbin est malheureusement une vocation qui se trimbale dès le plus jeune âge et contre laquelle il n’existe aucun remède. Le larbin n’a pas choisi d’aimer les riches, il aime les riches parce qu’il est un larbin. De tendance nettement libérale le larbin est celui qui vous vante les bienfaits du bouclier fiscal alors même qu’il ne paye pas d’impôts. C’est encore le même larbin qui voudrait réduire ou supprimer l’impôt sur la fortune même s’il sait qu’il ne sera jamais concerné par la question. Un écervelé victime du syndrome du larbin n’a pas de conscience politique, il vote instinctivement dans l’intérêt de ceux qui l’exploitent pour s’attirer leur bienveillance. Le larbin estime que l’argent qui lui fait défaut, est beaucoup plus utile dans le coffre d’un riche qui pourra ainsi le réinvestir beaucoup plus utilement qu’il ne l’aurait lui même dépensé. Le larbin cautionne tous les sacrifices et les plans d’austérité dont il pourrait être l’objet comme la baisse des salaires, ou encore l’augmentation de l’âge de la retraite même si son travail ne lui convient d’aucune façon et que ses maîtres ne lui offrent aucune perspective d’améliorer sa condition.
III) Hypothèses sur l’origine du syndrome
Deux théories principales s’affrontent pour expliquer l’origine du syndrome : la thèse génétique et la pathologie mentale.
Après des siècles d’esclavage et de féodalité, les larbins pourraient être le produit d’une sélection artificielle des soumis par leurs maitres. La transmission génétique des caractères aurait favorisée la sélection d’une souche vivace de larbins domestiques au profit d’une nouvelle espèce de primates : l’homo larbinus.
Selon cette hypothèse le mécanisme en œuvre serait similaire à la sélection des chiens et des chevaux mais directement appliqué à l’homme.
Pour les tenants de la pathologie mentale le caractère héréditaire n’est pas retenu, il s’agirait plutôt d’un trouble qui se développerait dès l’enfance. Le processus s’aggraverait au passage à l’âge adulte lorsque le sujet prend conscience de la médiocrité de sa condition, le larbin développerait des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif pour justifier l’acceptation de sa subordination. Le larbin finit ainsi par s’identifier à ses maîtres en s’imaginant appartenir au corps social qui l’exploite.
IV) Quelques exemples
Le larbin réagit vivement à toute discussion qui ose remettre en cause les privilèges des plus fortunés, incapable de se livrer à une argumentation convaincante, ses messages distillent la peur et les intimidations dont il est l’objet. En réaction le larbin brandit instinctivement une succession de termes caractéristiques qu’il essaye de glisser dans son discours tels que : communisme, bolchévisme, tirage vers le bas, la Stasi, Corée du Nord, isolement, dictature socialiste, évasion fiscale, paupérisation, millions de morts...
Les quelques messages qui suivent portent la quasi-signature "littéraire" d’un larbin digne de ce nom :
V) Population affectée
Le syndrome du larbin ne prolifère pas seulement chez les plus démunis intellectuellement comme on pourrait le penser, il affecte une large fourchette de la population sans corrélation apparente avec le niveau d’étude (20% de la population pense faire parti des 1% les plus riches). Les larbins sévissent en masse sur les forums d’économie dont l’étude de cette discipline semble en aggraver les symptômes. Le paysage politique avec l’élection d’un président au service des ploutocrates révèle un seuil de contamination critique dans la patrie des droits de l’homme. La situation est grave mais peut-être pas complètement désespérée et les symptômes ne cessent d’évoluer au fil de l’actualité, aussi aidez-nous à maintenir et à diffuser ce document pour lutter efficacement contre ce fléau des temps modernes.
Pour la santé publique.
lundi 16 août 2010
De la novlangue contemporaine : « le politiquement correct » et la « bien-pensance »
mardi 10 août 2010
La bonne ambiance
envoyé par robin1423. - L'actualité du moment en vidéo.
Nous assistons depuis quelques années à une hausse de la xénophobie en France, tant au niveau du peuple qu'au niveau de nos dirigeants politiques. Et cela va de l'extrême droite (Jean-Marie et Marine Le Pen) à des hommes qui se proclament pourtant de gauche (Manuel Valls, Bernard-Henri Levy) en passant bien sur par le pouvoir en place (Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Frédérique Lefèbvre...). En outre, sous l'impulsion de leaders d'opinion comme monsieur Eric Zemmour, ceux qui le plus souvent à gauche ne tombent pas dans cet écueil sont immédiatement taxés de "bobos gauchistes bienpensants".
Il y a 2 raisons à ce phénomène :
-La raison électorale
La technique est plus qu'érodée, il s'agit de désigner un bouc émissaire, d'effrayer la population et de se désigner en héros qui va l'en débarrasser. C'est le fond de commerce du Front National depuis plusieurs dizaines d'années, et c'est également celui de l'UMP depuis que Nicolas Sarkozy fut ministre de l'intérieur, comme on le voit dans cette vidéo ("Vous en avez marre de ces racailles ? Et bien on va vous en débarrasser.")
-La raison de la diversion
Technique non moins inconnue, il s'agit de détourner les braves gens des problèmes qui touchent réellement leur quotidien et l'avenir de leurs enfants (chômage, santé, éducation, retraites, Europe, couvertures sociales, délocalisations...). Ainsi le peuple se divise autour d'un problème fantasmé : les plus gros scores du FN sont d'ailleurs réalisés dans des villages de province dont les étrangers sont absents. Et finalement, la conscience de classe devient la conscience de race, ou plutôt "d'origine ethnique" pour reprendre le vocable actuel.
jeudi 11 mars 2010
La menace d'un bon exemple
Aucun pays n’est à l’abri d’une intervention des Etats-Unis, même le plus insignifiant. En fait, ce sont souvent les pays les plus faibles, les plus pauvres, qui provoquent la plus grande hystérie.
Prenez le cas du Laos dans les années 60, peut-être le pays le plus pauvre du monde. La plupart de ceux qui y vivaient ne savaient même pas qu’ils vivaient dans un pays appelé le Laos ; tout ce qu’ils savaient était qu’ils vivaient dans un village qui était situé non loin d’un autre petit village, etc. Mais dès qu’une révolution sociale très limitée a commencé à se développer là-bas, Washington a soumis le Laos à un « bombardement secret » meurtrier, détruisant de larges portions de zones habitées et qui, de leur propre aveu, n’avait rien à voir avec la guerre que les Etats-Unis menaient contre le Vietnam du Sud.
La population de la Grenade est de 100.000 et vous auriez du mal à touver cette île sur une carte. Mais lorsque la Grenade a connu une révolution sociale modérée, Washington est rapidement entré en action pour détruire la menace.
Depuis la Révolution bolchevique de 1917 jusqu’à la chute des gouvernements communistes en Europe de l’Est à la fin des années 80, chaque agression US était justifiée comme une défense contre la menace soviétique. Ainsi lorsque les Etats-Unis ont envahi la Grenade en 1983, le chef d’Etat Major a expliqué que, dans l’éventualité d’une attaque soviétique contre l’Europe occidentale, un régime hostile à la Grenade pouvait couper les approvisionnements de pétrole des Caraïbes à l’Europe de l’Ouest et que les Etats-Unis seraient dans l’impossibilité de porter secours à leurs malheureux alliés.
Cela peut paraître comique, mais de telles histoires peuvent mobiliser un soutien de l’opinion publique contre l’agression, le terrorisme et la subversion.
L’agression contre le Nicaragua était justifiée par le fait que si nous ne « les » arrêtions pas là-bas, « ils » traverseraient notre frontière à Harlington, Texas – à peine deux heures de route. (pour les publics plus éduqués, il y avait des arguments plus sophistiqués, mais tout aussi plausibles).
En ce qui concerne l’économie américaine, le Nicaragua pourrait disparaître et personne ne s’en rendrait compte. Même chose pour le Salvador. Pourtant ces deux pays ont été soumis à des attaques meurtrières de la part des Etats-Unis qui ont coûté des centaines de milliers de vies et des milliards de dollars de dégâts.
Il y a une raison à cela. Plus le pays est faible, plus son exemple est dangereux. Si un pays minuscule comme la Grenade pouvait améliorer les conditions de vie de sa population, d’autres pays, avec plus de ressources, pourraient se demander « pourquoi pas nous ? »
Ceci est vrai aussi pour l’Indochine, qui est relativement grande et possède quelques ressources. Eisenhower et ses conseillers s’étendaient sans cesse sur le riz, l’étain et le caoutchouc, mais leur véritable crainte était que le peuple indochinois retrouve l’indépendance et la justice et que celui de la Thaïlande les imite et, en cas de réussite, que la Malaisie suive leur exemple pour rapidement aboutir à l’indépendance totale de toute l’Indonésie et la perte pour les Etats-Unis d’une partie importante de la « Grande Zone ».
Lorsqu’on veut instaurer un système global qui soit soumis aux besoins des investisseurs américains, il faut s’assurer que tous les morceaux restent en place. Il est étonnant de constater à quel point cette idée est ouvertement formulée dans les documents officiels.
Prenons l’exemple du Chili sous Allende. Le Chili est un pays relativement grand, avec beaucoup de ressources naturelles, mais, là non plus, les Etats-Unis n’allaient pas s’effondrer si le Chili devenait indépendant. Pourquoi étions-nous si préoccupés par ce pays ? Selon Kissinger, le Chili était un « virus » qui pouvait « infecter » la région et dont les effets allaient se ressentir jusqu’en Italie.
Malgré 40 ans de subversion par la CIA, l’Italie avait encore un mouvement ouvrier. L’avènement d’un gouvernement social-démocrate au Chili aurait pu inspirer les électeurs italiens. Imaginez qu’ils se prennent à avoir des idées bizarres comme celle de reprendre le contrôle de leur propre pays et de refonder les mouvements détruits par la CIA dans les années 40 ?
Les stratèges américains, depuis le secrétaire d’Etat Dean Acheson à la fin des années 40 jusqu’à nos jours, ont toujours averti qu’ « une pomme pourrie gâte le baril » [traduction littérale du proverbe – NDT]. Le danger était la pourriture – le développement social et économique – qui pouvait se transmettre.
Cette « théorie de la pomme pourrie » est présentée en public sous le nom de la théorie des dominos. Elle est destinée à faire peur à l’opinion publique et lui expliquer comment Ho Chi Minh pourrait monter dans canoë et pagayer jusqu’en Californie, ce genre de choses. Il se peut que quelques responsables américains croient à ces bêtises, c’est possible, mais pas les stratèges. Ces derniers comprennent parfaitement que la véritable menace est celle d’un « bon exemple ». Et il leur arrive parfois de l’énoncer clairement.
Lorsque les Etats-Unis planifiaient le renversement de la démocratie guatémaltèque en 1954, le Département d’Etat a déclaré officiellement que « le Guatemala représente un danger croissant pour la stabilité du Honduras et du Salvador. Sa réforme agraire est un puissant outil de propagande : son vaste programme social d’aide aux travailleurs et paysans dans une lutte victorieuse contre les classes aisées et les grandes entreprises étrangères exerce un fort attrait auprès des populations voisines en Amérique centrale, où les conditions sont similaires ».
En d’autres termes, les Etats-Unis veulent la « stabilité », c’est-à-dire la sécurité pour « les classes aisées et les grandes entreprises étrangères ». Si cet objectif peut être atteint par des mécanismes démocratiques, tout va bien. Sinon, la « menace contre la stabilité » que représente un bon exemple doit être détruite avant que le virus ne se répande. C’est pourquoi même le plus petit des pays peut représenter une menace et doit être écrasé.
Noam Chomsky

